Textes, ouvrages et communications

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"Serious Dance Design", ou comment la danse peut nourrir une pédagogie hybride pour une approche créative renouvelée des formes environnementales que nous habitons,
dialogue réflexif avec la chorégraphe Laetitia Doat, intervention à la Meshs dans le cadre de la journée d'étude du programme Travail et Création, intitulée "Apprendre à créer", avril 2017

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Travail X Vêtement : La Tuta dans tous ses états,
notice de l'exposition éponyme parue dans le catalogue de la Biennale de design 2017 de Saint-Etienne, et interview dans la revue Ah Tu Fais du Dessin? éditée par les Beaux-arts de Saint-Etienne.

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Tragédie à Volos - Au sujet des Ambiances, et s'il y a lieu d'y voir une pensée hospitalière de l'architecture et de la ville,
article dans la Revue Ambiances, mars 2017, en ligne via ce lien

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Textiles : des matérialités "vives", écho poétique des enveloppes vivantes portées par la Terre,
article dans la revue Philotope N°12 "Mat(i)erres", publication février 2017, en ligne via ce lien

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Invite aux "chirurgiens de la terre" à raviver des enveloppes souterraines,
discussion relative au séminaire Ville Souterraine : conception & représentations - La part de l'invisible organisé par Catherine Grout et Sylvie Salles en décembre 2015 dans le cadre du projet national VILLE10D. Actes à paraître.

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L’ambiance portée - Un horizon poétique et politique : la participation du vêtement (et la critique de ses versions augmentées) ,
communication et article dans les actes du congrès Ambiances Tomorrow, Volos, Grèce, septembre 2016.

Résumé :
Un projet en cours pour une « panoplie de captation » éveille une réflexion théorique et critique sur cet appareillage du corps engagé dans la concep-tion et réception des ambiances comme Stimmung. Un jeu dialectique entre les avants-gardes futuristes, la philosophie de Georg Simmel et notre actualité dégage l’expérience esthétique et l’implication politique inhérentes à cet artefact intermédiaire à l‘être et son milieu : le vêtement. L’ambiance portée, celle que l’on porte et qui nous porte, exprime cela et en ouvre l’horizon.

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La métaphore de la seconde peau en cosmétique, habillement, architecture présume-t-elle d’un nouvel idéal de luxe ? ou Le Problème des Peaux de l’Homme,
conférence à l’IFM, Paris, mai 2016. Podcast ici

Résumé :
La formule "seconde peau" est utilisée de façon récurrente actuellement autant dans le domaine cosmétique, vestimentaire que celui des atours des bâtiments. Cette métaphore retient mon attention dans le cadre d'une recherche sur les enveloppes de l'homme, artificielles versus biologiques ou écologiques dans un jeu d'échelle à partir du corps en relation avec son environnement. Nous l'interrogerons au prisme d'une vision prothétique du design qui s'est déployée notamment avec une belle fortune depuis les années 1920 à partir d'une analogie biologique et évolutionniste, promue par Le Corbusier, notamment invitant à considérer tout artefact humain à l'instar d'un prolongement corporel : l'architecture comme membrane, l'objet comme membre, etc. La perspective la plus intéressante de cette conception serait de présager un nouvel "idéal de luxe" (Adrian Forty) intégrant le schème industriel, défini par une expérience esthétique complète, social en même temps que auto-érotique.
C'est avec Paul Valéry pour guide et son Problème des Trois Corps(1943), que nous en discuterons les conditions de possibilité à constituer une nouvelle cosmique.

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Matérialités, Cahier Thématique N°15 du LaCTH,
co-direction avec Antonella Mastrorilli et Ghislain His, parution janvier 2016 aux Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Paris

Résumé :
Le contexte actuel des Écoles d'architecture est aujourd’hui favorable à une redécouverte de la notion de matérialité. L’intérêt récent qui lui est accordé dans la pédagogie ainsi que dans la recherche, concrétisé par plusieurs publications, colloques et séminaires, rejoint celui que les écoles d’ingénieurs ont pu lui porter.

Ce numéro vise à déployer des thématiques autour de la matérialité, envisagée dans diverses déclinaisons (Matérialités). Il questionne les chercheurs en architecture et paysage intéressés à différents titres par ce domaine, à identifier et définir des objets d’étude et des recherches répondant aux différents enjeux que cette notion sous-tend aujourd’hui (enjeux historiques et patrimoniaux, techniques, physiques, environnementaux, économiques, sociétaux, etc.). L’importance de ces enjeux appelle la nécessaire convergence de ces réflexions.

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Autour du pyjama de Le Corbusier. Le vêtement comme modèle de pensée fondateur,
intervention lors du colloque international Le Corbusier 50 years after, université de Valencia, Espagne, novembre 2015. Actes du colloque accessibles ici

Résumé :
Je m'intéresse, depuis le territoire du design, à l'intérêt que Le Corbusier porta pour le vêtement moderne, à partir d'une conférence de 1929 où la réforme du vêtement l'emporte à fonder son concept d' « équipement domestique » pour la « machine à habiter ». La richesse du modèle renvoie vers des écrits préalables, notamment sa théorie des "objets-membres artificiels" qui s'est trouvée soutenir une nouvelle définition « prothétique » du design, et par ailleurs des témoignages vécus plus intimes qui amènent un point de vue alternatif et dynamique sur la relation corporelle aux artefacts modernes. Au cœur des débats sur la place et le rôle de la machine industrielle, la position de Le Corbusier révèle sa complexité et sa singularité, qui s'éclaire grâce à des travaux et des concepts propres à l'époque, telle que la Rythmique et la phénoménologie du mouvement, les notions d'œuvre vivante, de sensation et de mesure. Cela emporte à esquisser une conception prothétique corbuséenne, paradoxale, offrant en retour d'enrichir la compréhension de cette idéologie encore très active, et aussi de contribuer à une théorie du vêtement en design, si frêle sur le sujet.

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Le vêtement primitif et le déguisement : réflexion sur la réforme moderne de l’habillement à partir de Gustav Klimt,
conférence lors du séminaire du laboratoire CEAC de l’université Lille 3, octobre 2015.

Résumé :
A l'aube du XXème siècle, une réforme de l'habillement a alimenté de ses débats passionnés la transition problématique des arts décoratifs vers le design moderne. La "Urkleid" de Klimt, entre habit archétypal et blouse infantile, représente un exemple singulier paradoxal. Eclairé par les écrits polémiques de Adolf Loos et l'approche dialectique de Georg Simmel, il permet de révéler, au-delà des discours des réformistes, les intentions latentes d'une rationalisation non seulement des formes artistiques mais aussi des corps sensibles.

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Penser le vêtement comme forme environnementale – L’exemple du "vêtement normal" de Vladimir Tatline,
communication et présentation du vêtement normal reconstruit, lors du colloque international Des formes pour vivre l’environnement - Théorie, expérience, esthétique et critique politique, organisé par le LADYSS (CNRS/Paris 1,7,8,10) et le CRAL (EHESS), 01-02/10/2015. Podcast ici

Résumé :
En 1924, dans le cadre de la section de Culture Matérielle du GINKhUK, Vladimir Tatline exposa une affiche intitulée Nouvelle forme de vie, qui présente, par le moyen de patrons, de photos et d'un texte descriptif, un projet de « vêtement normal » comprenant trois éléments (un pantalon, une veste et un manteau). Il s'agit de commenter ce rapprochement entre une formule propre à l'intelligibilité de la vie à ses différents niveaux et un tel geste artistique mineur, afin de saisir les enjeux idéologiques, esthétiques et politiques, qui le sous-tendent.
En premier lieu, il est à inscrire en regard des desseins porteurs de la jeune Russie soviétique post-révolutionnaire, notamment l'appel fait aux milieux artistiques à renoncer à l'art de chevalet pour s'engager sur le territoire des objets de la vie courante afin d'œuvrer à la « production » d'une nouvelle société et d'un homme nouveau en accord avec les idées marxistes. Le vêtement fut à ce titre jugé d'intérêt prioritaire pour sa participation tant symbolique que sociale à définir l'environnement quotidien des hommes.
Parmi les propositions émanant des artistes productivistes, si la plupart visent à organiser les apparences, à ordonner les comportements, à produire un système social égalitariste, celle de Tatline se démarque par sa vision dynamique adossée sur des logiques vitales fondamentales. Son « vêtement nécessaire », comme il fut aussi nommé, se comprend comme « forme construite » (Stern, 2004) c'est-à-dire non dessinée mais assemblée à partir de surfaces matérielles ménageant les mouvements du corps et un air intérieur ; en l'occurrence « à construire », forme ouverte à des variations floutant les limites entre créateur et récepteur ; et finalement « co-construite » par la relation vécue quotidiennement, à l'échelle unitaire quand elle vise à autoriser des « poses naturelles » et un climat personnel, dès lors aussi à l'échelle collective quand elle sert a minima l'indispensable conciliation entre liberté individuelle et fusion au groupe social, singularité et universalité, variabilité et durabilité. Ce faisant, elle préserve un matérialisme dialectique et annonce, pour cette raison même, une nouvelle « forme de vie », comme Georg Simmel commenta philosophiquement en ce début de XXème siècle la notion de mode dans la perspective ontologique des antagonismes propres à la vie humaine et sociale, tant biologique que physiologique, spirituel, esthétique ou politique. La forme vestimentaire dévoile de la sorte, d'une manière plus générique, sa nature de co-construction environnementale ordinaire.
C’est d’ailleurs par la reconstruction de cet exemple historique que, en tant que designer, je pus éprouver in vivo et in situ une telle forme à vivre.

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A nos corps consommants. Du design au service d’une esthétique de la consommation,
intervention lors du colloque Obésité et Habitation organisé par l’équipe du projet de recherche OSCAH, MESHS de Lille, Mai 2015.

Résumé :
Il s'agit de déployer cette idée du design au service d'une esthétique de la consommation, où consommation est à entendre dans les deux sens du terme : consommation économique (le design au service du fonctionnement des industries et du marché) et consommation alimentaire ; et ce, dès l'émergence du design industriel dans les années 30 aux USA (où on le localise historiquement) et consécutivement du déploiement de tous les nouveaux produits pour la vie quotidienne et équipements pour la maison (notamment pour la cuisine ou lié à l'alimentation), soit dans le mouvement Streamline, qui posait une équivalence entre évolution des produits et évolution des corps humains.

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« La matière textuelle du mythe textile de l’architecture de Gottfried Semper : une écriture ornementale »,
article dans le Cahier Thématique N°14, Edition de l’Ecole d’architecture et de paysage de Lille-Maison des sciences de l’homme, Villeneuve d’Ascq, 2015.

Résumé :
Le projet d’écriture sur l’architecture de Gottfried Semper peine à être classé, dans sa logique structurelle comme dans sa visée conceptuelle, selon les catégories courantes du discours savant. Evolutif, éclectique, bifurqué, non centralisé ni finalisé, quoique cohérent et convaincant, il est décrit idéalement, selon son commentateur littéraire Günter Oesterle, par sa “forme ornementale”. Nous tentons d’expliciter cette qualification, sur la base des figures de la poétologie culturelle de l’époque et en regard de la disposition hybride, inspirée des nouvelles sciences de l’histoire et sciences naturelles, du récit historique alors en développement. Pour cela, nous parcourons l’évolution de ce projet à travers trois textes majeurs, afin de mettre à jour les modalités de la logique tripartite engagée dans la matière textuelle, qui permet de comprendre le repliement de la forme narrative sur la thématique émergente.

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Sur la métamorphose poétique des formes du milieu naturel en les formes artificielles d'une autre nature paysagère,
conférence publique à l'ENSNP de Blois, avril 2014.

Résumé :
Je vais ce soir vous présenter trois belles histoires de formes, de formes artificielles (entendre mises en forme de la main de l'homme) qui se mettent en relation d'une certaine façon, qui n'est pas mimétique, avec les formes naturelles du paysage (ou les formes du paysage naturel comme on veut).
La première résume celle de Wolfang von Goethe quand il relate la métamorphose des plantes, elle date de 1790. La seconde rapporte celle de Gottfried Semper, de son grand récit des origines des formes architecturales, toutes échelles confondues, du petit objet à l'aménagement du territoire, elle date du milieu du XIXème siècle. La troisième date des années 2000, elle est bien plus modeste et prétexte, c'est ma propre aventure en tant qu'architecte d'intérieur-designer, celle que des fabrications libres de petites enveloppes en matière textile m'ont un jour amenée à vivre avec les formes, de l'habit à l'habitacle. Ce travail, singulier, a suscité un retour réflexif sur la démarche de conception _ce fut l'enjeu de ma thèse_ qui m'a amenée à découvrir des pensées historiques, à reconnecter des domaines éloignés, à aborder des champs passionnants de la connaissance entre arts et sciences, et c'est ce dont je vais tenter de vous faire profiter. Ainsi, ces trois histoires ne sont bien entendu pas sans relation, comme je vais peu à peu le reveler au fil de l'exposé.
Cette présentation a d'ailleurs pour visée, non exclusive, d'alimenter l'"épopée" de formes que nous sommes en train de développer avec les étudiants de licence : des "jeux de formes" qui leur font précisément jouer la sorte de conception cosmogonique que l'on va voir de trois manières différentes.

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Soutenance de la thèse de doctorat intitulée Entre habit et habitacle, design de l'habiter : penser l'enveloppe, vers un paradigme de la textilité, novembre 2013 à l'ENSAPL, devant le jury composé de Anne Boissière (directrice de thèse, Lille 3), Philippe Louguet (co-directeur de thèse, ENSAPL), Pierre-Damien Huyghe (Paris 1), Sophie Pène (Paris 5), Eric Vandecasteele (Jean Monnet - Saint Etienne).

Résumé :
Dans le cadre du projet de « maintenir ou accroître l'habitabilité du monde » (Ezio Manzini, 1991), nous interrogeons la manière de penser l’habiter par le design, qui rencontre de notre point de vue la question des enveloppes de l'homme, artificielles versus biologiques, matérielles versus virtuelles. Le cas de l’habit, hypothétique enveloppe habitable dérivée du vêtement, première architecture selon Gottfried Semper et le « principe du revêtement », retient tout particulièrement notre attention. Le sujet est abordé par une théorisation située à partir d’un projet expérimental personnel de conception et fabrication d’enveloppes textiles, qui attesta d’une rationalité et d’une expansivité tout à fait singulières. Son étude est conduite par une méthode poïétique, au sens de Paul Valéry, qui combine une étude herméneutique des productions, une exégèse de la nature systémique de la démarche (programme et émergences), ainsi qu’une exégèse complémentaire du travail technique en actes (facture et irrégularités). La transdisciplinarité inhérente à la problématique est ainsi envisagée à partir de la pensée de l’art textile de Semper, la pensée poétique et épistémologique de Valéry, et la pensée esthétique complexe issue des sciences du vivant. La construction théorique nous emporte à suggérer, en regard de l’habitabilité, la perspective d’un nouveau paradigme, la textilité.

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« Design » ? Réflexions sur la spécificité du design en tant que filière de création,
conférence à l'Université Lille 3, UFR Humanités, Départements Arts, octobre 2013

Résumé :
Il ne s'agira pas de régler la question de la définition du design en tant que filière de création, mais tout au moins d'en parcourir de multiples aspects et ainsi, peut-être, de parvenir à se faire du design une représentation au sein de laquelle trouver ses propres repères. Je les organise en sept étapes et un bilan, à partir de « moments » (je reprends ce terme à Frédéric Worms) qui correspondent chaque fois à une unité thématique-problématique articulée à partir d'une période, d'un lieu, une ou deux figures majeures, et illustrée par une production de design représentative. On tente de la sorte non pas une culture matérielle, non plus une histoire des styles, plutôt de retracer l'évolution de la nature créative, de ce que cela veut dire que « faire du design ».

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La matière poïétique de l'enveloppe. Le concept d'ornement de Gottfried Semper comme schème cognitive d'un design "libre",
intervention lors du séminaire doctoral « Matérialité et Expérimentation », Lacth, ENSAPL, avril 2013

Résumé :
Ma réflexion porte sur la pensée de l'habiter au moyen du design, et je la conduis à partir d'un travail expérimental d'enveloppes textiles, selon une approche poïetique. Plutôt que l'activité expérimentale elle-même (exploratoire serait plus juste), je souhaite évoquer l'activité de l'esprit engagée dans la compréhension de cette exploration, même si elles sont bien entendu intimement liées. La couverture théorique revient dès lors à l'étude de cette sorte de travail, la mise à plat de sa temporalité, la description de la gestualité technique, l'influence de la matière, en quête d'une modélisation. Pour en rendre compte, deux options sont possibles : soit une présentation générale qui offre certes un aperçu mais oblige à passer partout mais ne faire que passer, soit un intérêt plus ponctuel, potentiellement plus instructif même s'il force à imaginer plus qu'il ne couvre concrètement le global à partir du local. J'ai opté pour la seconde. J'ai choisi de focaliser mon attention sur un principe rencontré lors de ma réflexion, qui m'a intéressée tout particulièrement pour sa capacité à rendre compte de l'influence de la matière de l'enveloppe sur le travail, et dans le même temps à faire converger les pistes éparses que mes observations avaient ouvertes.

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Le Kouglof comme plis réglés, des plis là où l'on ne s'y attend pas (Réflexion sur la conception algorithmique),
intervention au colloque Espace Pliable, ENSAPVS-CERAP Paris1, 2011, et publication dans la revue DEMéter [consultable en ligne]

Résumé :
Ce texte est l'occasion de présenter une forme apparue dans le cadre d’un travail expérimental et théorique sur la pensée de l’enveloppe en design. Il s’agit de la relecture textile du tore mathématique aux plis préservés en son centre lors de sa mise en forme. Cette figure, surnommée Kouglof en référence à la brioche alsacienne, interroge par sa capacité à être à la fois unique et multiple, simple et complexe.
Dans sa réflexion philosophique sur le pli, Gilles Deleuze évoque à partir des mathématiques leibniziennes un nouveau statut de l'objet, l'objectile, qui trouva son application en architecture et design à l'ère numérique par le biais de son ami Bernard Cache au sein du mouvement Non Standard. Ce modèle permet d'expliciter les raisons intrinsèques de la figure étudiée et de la situer vis-à-vis de l'évolution des processus de conception dans le contexte de la troisième révolution industrielle. S'intéressant à la question de la disparition du moule inhérente à son statut, le Kouglof révèle plus particulièrement la spécificité de son ontologie plissée dans des logiques plus biologiques que biomorphiques, et incite à une attitude de projet « paysagère » plutôt que calculatoire.

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ABI, ébauche d'un système,
intervention lors des rencontres Architectonik by Lille, ENSAPL, 2008.

Résumé :
Observant la mode et le stylisme d'un regard extérieur de chimiste et d'architecte d'intérieur-designer, constatant mon intérêt depuis toujours pour le vêtement comme un ouvrage textile habitable, un habit, j'ai ressenti le besoin de le questionner, de le frotter aux modes de vie, au quotidien, aux relations, voire à l'efficacité d'une production. Un jour, je m'y suis mise : voulant me faire un vêtement, sans autre bagage technique que mon envie, il s'en suivit une génération abondante et étonnante, systémique dans le sens où une pièce en entraîne une autre et organise bientôt tout un petit monde. Je vais tenter avec vous de décrire ce système d'un design plus ouvert, surnommé ABI.
Mais pourquoi ai-je choisi de vous présenter cela, à vous futurs architectes? Pour moi, nous parlons exactement de la même chose, et il suffit de changer chaque fois que je le prononce le mot "habit" par "habitat" voire "architecture" pour le saisir.

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L'homme plastique,
mémoire équ. Master, sous la direction de Christian Schlätter, Ecole Camondo, 2003.

Résumé :
"Le monde entier peut être plastifié." Dans les années 1970, cette formule de Roland Barthes évoquait cette grosse bulle de chewing-gum rose sympathique et ludique qui caractérisait l’enthousiasme de ces années de pop-art, où l’on rêvait de vivre dans une maison gonflable…
Pourtant, derrière cette formule innocente, se profilait déjà le phénomène de société, cette crise de l’homme que nous vivons actuellement, la plastification de l’homme au sens propre. Art contemporain, film, graphisme, mode et même design traduisent de plus en plus ouvertement cette obsession-haine du corps.
Depuis leur apparition, ces matériaux, d’abord ersatz, ont su développé une esthétique qui leur est propre : Expression plastique qui marqua, en leur temps, l’art et l’architecture, si ce n’est les esprits. A grand renfort de mou et de poilu, ils furent le berceau de la révolution sexuelle, les copains de la génération vautrée, et les outils du nomadisme ; Révolution plastique qui supporta et provoqua les mutations profondes de la société bourgeoise. Aujourd’hui, ils s’intéressent de plus en plus près au corps humain, le simulant, le corrigeant, le modifiant, comme si lui-même devenait plastique ; une Manipulation plastique qui développe des espoirs insensés en même temps que des perspectives terrifiantes sur le devenir de l’homme.